Et je pèse mes mots...·Ma vie Mon oeuvre

Docteur(e) House


La pensée du jour
Il y a des médecins si ennuyeux qu’ils vous gâtent une convalescence.”
Alfred Capus

L’humeur du jour
Lundi matin, j’étais convoquée par le médecin conseil de la sécurité sociale dans le cadre, je cite, de ma reprise à mi-temps temporaire. Un coup de fil « on veut vous voir lundi, prenez votre carte d’identité » et plus rien.
Manque d’habitude, je n’ai pas compris de suite pourquoi la carte d’identité plutôt que la carte vitale.
Si en justice on est présumés innocents, en sécurité sociale on est surtout supposés grigous.

Lundi matin.
Madame Pooky ? Suivez-moi.
Je suis entre les mains de Docteur Sourire. Ou plutôt de la version féminine du Dr House. Pas un contact visuel – la poignée de main, n’en parlons pas.
Ce n’est pas une consultation, c’est un interrogatoire, moi sur une chaise, la regardant, elle les yeux rivés sur son écran.

« – Taille, poids, date de naissance, métier, antécédents ?
– A part l’opération de cet été, rien à déclarer.
– Pourquoi cet arrêt ?
– L’opération de cet été…
– Donc vous avez des antécédents ? (ton sec, 5 points)
– Je viens de vous dire qu’à part cet été… mais vous n’avez pas de dossier ?
Si je vous pose la question c’est que je n’ai pas les réponses » (amabilité, 5 points)

Je reprends l’historique de cet été, le déménagement couplé à la chirurgie surprise et rapide. Elle reprend sur l’arrêt et je module : c’est un mi-temps, pas un arrêt.

«- Pourquoi une opération ? »
Pardon? Elle n’a pas écouté, pas entendu? Comme si j’avais eu le choix de pourrir d’un coup le déménagement ET les beaux jours. Comme si j’avais choisi une opération aux conséquences physiques et psychologies difficiles…

Décidément de bonne composition ce matin là, je explique la chronologie estivale et ses effets. Notamment une réouverture accidentelle (merci mon impatience à ouvrir mes cartons) et partielle de cicatrice et un vilain coup de blues post-op.
Je lui dis également le suivi et l’accompagnement mis en place. Ma tentative de reprise à plein temps gâchée par une fatigue extrême.

«- Vous êtes triste ?
– Pardon ?
Oui, vous pleurez ? » (indélicatesse, 10 points d’un coup)

La sécheresse de trop.
«- J’avais compris la question. Mais vous, vous réalisez l’écart entre la façon dont vous posez la question et ce que la réponse induit ? Vous savez, vous pouvez essayer l’empathie dans le ton, je travaille avec des médecins, je sais que c’est possible… pour vous ça ne change pas grand chose, mais pour la personne en face, ça fait vraiment une différence».

Un ange passe…
Reprise de l’interrogatoire. Entre les questions rapportées ici et mes réponses il n’y aura toujours rien. Ni un mot ni un regard.
Elle est bouchée à l’émeri et comme souvent, ce genre d’attitude – qui pourrait déstabiliser, blesser ou bousiller certains –  provoque un grand détachement dû au mépris immédiat qui naît en moi pour tous ces gens qui se cachent derrière une position, un statut, une hiérarchie pour traiter des humains comme des choses.
Le respect d’autrui se mérite. Et là, elle ne mérite pas le mien.
Elle peut y aller autant qu’elle veut, non seulement ça ne m’atteindra pas mais en plus j’ai bien l’intention de ne pas lui faire de cadeau et d’en parler à l’ordre des médecins.
Pas pour moi non. Mais pour ceux qu’elle recevra plus tard.

«- Vous avez une ordonnance ? »
Non. A part ma carte d’identité, je n’ai rien. C’est la seule chose qui m’a été demandée. Fallait mieux préparer vos convocations les amis…
«- Vous faites quoi de vos journées ?
– Et bien je travaille à mi-temps et à Paris, donc le temps d’en revenir, je dors 2heures l’après-midi et la journée est presque terminée
Vous avez conscience que vous reprenez à plein temps mi-janvier ?
– Oui. Vous savez, on est le 5 décembre. J ai 142 heures d’avance, 8 jours de congés et 12 de RTT à poser, ça vous donne une idée de ma capacité et volonté habituelle à travailler…

Elle me tend alors un papier : une convocation pour la visite qui s’achève et qui ne m’a jamais été communiquée.
« – Et maintenant ?
– C’est tout.
– Est-ce que vous savez si je vais être payée ? je n’ai eu que 33 euros de salaire en novembre.
– Oui, maintenant que je vous ai vue, on va débloquer l’argent… (Joyeux Noel Félix…)

Je pense qu’on peut se blinder émotionnellement sans pour autant devenir un robot.
Mais on doit, surtout quand on travaille dans le domaine de la santé, se rappeler que l’humain en face est un patient. Pas un présumé fraudeur…

Le cadeau du jour
Et lui, au moins, il est sexy…
commeunchatausoleil-utilisez-le

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12 réflexions au sujet de « Docteur(e) House »

  1. Exactement. Comment font ceux qui ne savent pas de blinder face à un agent de l’administration aussi obtuse ? Je fais office régulièrement de consolatrice, remonteuse de moral pour quelqu’un qui doit (pour cause de travail en intérim), fréquenter à chaque fin de mission, les services de Pole emploi. Aucune humanité non plus de ce côté-là… Il y a une seule case à cocher et aucune situation particulière ne saurait être prise en considération.
    Quelle honte.

  2. Je suis tellement désolée pour toi de lire aussi peu d’humanité et autant de bêtise !… Bon courage pour passer à autre chose et ne pas te laisser pourrir l’esprit par cette c… !
    Je t’embrasse, belle journée à toi !
    Ninou

Chic ! Un message :)

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