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Éclectismes


La pensée du jour
J’écris tout le temps, sous la douche, dans le métro, dans la rue. J’avais déjà vécu cela, cet état d’occupation…
Delphine de Vigan

L’humeur du jour
Vacances.
Pédaler, bronzer et lire lire lire…

J’emporte toujours plus de livres que nécessaire, auxquels s’ajoutent ceux que je me procure sur place, soit chez un vendeur de culture « à la chaine » soit en ville, chez le libraire, où Musso et Lévi trônent en bonne place au détriment de toute forme de vraie littérature mais « qui a plus de livres que de clients, la faute aux attentats de novembre, au pessimisme financier des français, au mauvais temps partout sauf ici et bien sûr, à l’Euro ».
Les vacances, c’est aussi ça. Prendre le temps du papotage commerçant.
Monsieur Libraire et les clients absents,
Monsieur Légumes et son chien qui se remet d’un accident de circulation,
Madame Sirop d’orgeat et la météo,
Madame Brebis et ses éventrations (bon appétit bien sûr)…
Et Madame Livres. Qui grâce au réseau pour lequel elle travaille a tout. Et a lu. Bonheur d’échanger, de se laisser guider et d’essayer.

Je commence avec « la vérité sur Alice » de Katherine Webb. Excellente façon de préparer mes neurones à la boulimie de lecture à laquelle ma vie picarde trépidante – voire trop pidante – ne sont plus habitués. Du suspense suffisant pour alimenter ma curiosité. Un style inégal mais agréable. Ça se mange sans faim.

J’ouvre (et je referme presque aussitôt) Boussole et je lui préfère « Le mystère Henri Pick » de David Foenkinos. Que je sous-titre mentalement « le mystère Foenkinos ».
– Oui, mais pourquoi Pook ? me demande-t-il
– …
– Vraiment ?
Oui. Car rien n’est mauvais, mais trop n’est pas bon, à commencer par une indigestion de points de suspension digne des regards figés des soaps médiocres ou autre productions AB. Je me sens frustrée d’avoir deviné l’intrigue, je trouve certains passages inutiles et aucune phrase ne me fait tomber amoureuse de l’écriture. Moi qui voulait dévorer sa Charlotte, j’hésite…

Sur les bons conseils de Madame Libraire, j’achète la biographie de Marthe Richard, Le livre des Baltimore et Rien ne s’oppose à la nuit.

Mon cerveau encore un peu connecté aux infos, aux manifestations et successions de politocards dans les médias me pousse à dévorer d’abord Quinquennat de Marc Dugain.
Précis, glaçant. Politique fiction avec suffisamment d’éléments pour réveiller la réflexion, rappeler des événements, se dire que décidément un pour soi et tous pourris…
On y devine des inspirations – la seule note comique étant le nom du marchand d’armes. Charda. Dassauldien vieillard. Pour le reste, tout n’est que cynisme et calculs, illustrant le mépris de ceux qui nous dirigent à coup d’images de couples parfaits et autres peopleries pour masquer des agissements dignes de films noirs. House of card, c’est de la rigolade à côté du monde décortiqué par Dugain. Je me suis surprise à penser que sans soupape, il ne doit pas rire souvent. « Heureux les pauvres en esprit… »

La première claque littéraire, c’est Delphine de Vigan qui me l’a donnée avec Rien ne s’oppose à la nuit. Un roman et ce qui de prime abord semble en être son « making of », un deux en un. J’ai d’emblée une nette préférence pour la partie « pur récit » tant les méandres créatifs sont la cuisine de l’auteur. Est-ce que j’ai envie ou besoin de la lire éplucher ses errances et blocages d’écriture pour apprécier plus intensément ce qui en résulte ? Je n’en suis pas sûre. Mais ça lui a paru nécessaire, peut être pour ancrer plus encore son récit dans sa propre histoire. Ou sa propre histoire dans son récit. Sa démarche me semble alors trop thérapeutique, chaque famille possédant, pour peu qu’on s’y intéresse, sa juste part de banal et d extraordinaire…
A mon (pas si) humble avis, le récit était suffisamment roboratif pour assurer une satiété. Peut-être parce que tentant d’écrire moi-même, j’imagine mal coucher mes pensées méandreuses , trop intimes, trop personnelles…
Je changerai cependant d’avis en abordant la troisième partie… Mais preuve que le style est indéniable, cette réserve – qui n’aurait rien d’un détail chez un écrivaillon – s’efface tant l’histoire garde toute sa puissance et tant rétrospectivement les non-dit et traumas d’hier ont engendré demain. En dépit de tout ce talent, je sature sur les quelques derniers chapitres ou plutôt je me désintéresse du personnage de la mère et des détails de sa maladie et ai presque hâte que sa mort libère ma lecture.

Le cadeau du jour
Nourriture estivale

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2 réflexions au sujet de « Éclectismes »

  1. Charlotte a été une de mes lectures de vacances, il y avait même un exposition de ses oeuvres au Musée Masséna en mai, dommage, j’aurais aimé y aller. J’ai bien aimé, les goûts et les couleurs ne se discutent pas, peut être que tu n’aimerais pas…

Chic ! Un message :)

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