Et je pèse mes mots...

Où t’es Charlie, outai ?


La pensée du jour
Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation.
C’est précieux.
Quand quelque chose vous indigne, comme j’ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé.
On rejoint le courant de l’histoire et le grand courant de l’histoire doit se poursuivre grâce à chacun.
Stéphane Hessel

L’humeur du jour
Un mois et demi après les attentats qui nous ont tant attentisés, que reste-il du mouvement où tout le monde spontanément s’est proclamé Charlie ?
Quelques affichettes çà et là, parfois dans des lieux inattendus. Fallait pas louper le coche, fallait dire, fallait paraître, fallait faire partie… ça m’avait déjà dérangée cette communion qui portait une étiquette qui n’était pas la bonne.

C’était « Je suis Charlie » pour dire je suis choqué qu’on tue, qu’on abatte, qu’on achève… chez nous – «not in my backyard *» – car ailleurs ça continue. Encore. Toujours.
Il suffit de lire les bandeaux d’infos durant un journal des sport sur I-télé. 25 morts par-ci, 30 par là. C’est loin, c’est pas pareil – le Danemark a failli faire exception –  place aux buts.

C’était « je colle mon affiche », « je vais défiler », je suis « mobilisé ». Pour certains même immobilisés devant les kiosques à journaux pour faire du marché parallèle avec le numéro des survivants, sur l’air rance de « faut vivre avec son temps », revival d’années pas très glorieuses de notre Histoire.
Mais est-ce que je réfléchis ? Est-ce que je médite ? Est-ce que je vais un pas plus loin que l’horreur des attentats ? Est-ce que je questionne l’information et surtout son traitement ? Est-ce que je fournis l’effort supplémentaire pour aller vers l’autre ou sommes-nous tous à nouveau rentrés chacun dans son tiroir ?
Est-ce que la liberté d’expression va être le mantra qui justifiera tout et n’importe quoi ou allons-nous enfin mener une réflexion sur ce qui nous unit en tant que Français : liberté, égalité, fraternité et laïcité.
Quand j’entends encore aux infos le racisme ordinaire dans le métro, le saccages de cimetières juifs, les exclusions parfum Halal dans les écoles ou des remarques homophobes, j’ai mal à mon Charlie.

*pas dans mon jardin

Le cadeau du jour
ça oui.
ça oui

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5 réflexions au sujet de « Où t’es Charlie, outai ? »

  1. il faut des petits rappels pour ne pas tomber dans notre routine et les réflexes
    c’est bien @Scarlett pour le portrait de Cabu, ça permet de ne pas oublier.
    pour moi il y a deux types de personnes. Ceux qui vivent la conscience ouverte puis les autres, plus nombreux (dommage) qui vivent tout court.
    mais même si on est peu nombreux à vivre éveillés, ça vaut le coup de le rester.

    Mercredi sort le prochain numéro de Charlie. j’espère l’acheter avec moins de difficulté que le précédent!
    Longue vie aux braves et courte vie aux charognards

  2. Ce n’est pas une affaire extrêmement évidente, pour plusieurs raisons:
    -la liberté d’expression est un droit garanti par la Constitution dans notre pays. Mais il n’est pas entendu de la même façon partout: dans les pays anglo-saxons, l’atteinte aux religions sera plus sévèrement punie qu’en France, où c’est l’insulte à caractère racial qui est plus facilement sanctionnée. Où a-t-on le droit d’aller? Même en France, la question n’est pas réglée: là où certains voient de l’islamophobie, d’autres voient une critique légitime d’une religion. Comment place-t-on le curseur?
    C’est à cause de cette ambiguïté que le plus petit dénominateur commun a été la défense de l’intégrité physique des personnes, et le droit des citoyens à leur sécurité: ça se traduit en termes vulgaires par « non mais quoi qu’on en pense, on n’a pas le droit de tuer autrui ».
    La société française est fragmentée: les valeurs communes de la République qui formaient une religion nationale s’effacent pour faire place à des réflexes identitaires: « je suis catholique », « je suis laïc » (il suffit de voir l’instrumentalisation de la laïcité et de la République par le Front National), « je suis ceci ou cela ».
    Face à cela, il faudrait en effet que des gens se mobilisent, mais encore faudrait-il savoir quoi: les réactions épidermiques et émotionnelles ne seront pas les plus fructueuses sur le long terme. Et je te rejoins sur l’utilité de la réflexion, mais ça, c’est pas le plus facile pour la plupart des gens qui sont totalement déboussolés.

  3. Depuis le 7 janvier, je ne suis plus la même. Je pleure de voir que finalement, après des beaux discours, rien ne changera vraiment. Je reste en éveil. Je ne veux pas oublier. Je veux que ça serve à quelque chose. Il faut que j’arrive à passer à autre chose… mais mieux.

Chic ! Un message :)

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