Et je pèse mes mots...

Oscar


La pensée du jour
Ces hommes sont morts pour que d’autres puissent vivre libres
Charles de Gaulle

L’humeur du jour
A l’occasion d’une vadrouille « spéciale Pont », j’ai découvert les plages du débarquement dont je n’avais entendu parler que dans les livres. ça tombait bien, les lieux ont déjà les habits de fête des commémorations des 70 ans du D-Day et une sorte d’excitabilité habitait les lieux.

S’il faut faire un effort d’imagination à Utah ou Omaha Beach pour visualiser les masses de rangers canardés au sortir des bateaux, la Pointe de Hoc m’a instantanément plongée dans le suicidaire de l’opération.
30 mètres de hauteur de falaise, c’est à la fois haut à escalader quand on porte un uniforme détrempé et tout un barda et terriblement court au regard de la visibilité offerte aux tireurs positionnés en haut.
Il leur en a fallu du courage, bloquer toute réflexion pour avancer et se battre une fois arrivés là haut, avec parfois, comme montré dans le court film projeté, des armes rendues inutilisables par la boue.

Outre un musée extérieur très bien réalisé, la Pointe du hoc offre aux visiteurs son paysage lunaire façonné par les bombardement, ponctué de casemates et de blocs de béton. Les plus respectueux étaient les américains et les anglais, venus marcher sur les traces d’un parent. Malheureusement, on n’y évite pas les abrutis, plus préoccupés par la prise de selfies que par la lecture des panneaux, les bécasses qui prennent des poses sexy dans les casemates pour les partager sur Facebook (ouf! y’a du réseau!) ou les gamins, traînés là par des parents qui ne prennent pas 10 secondes pour leur expliquer le lieu. Sinon, on peut aussi faire des belfies dans les douches d’Auschwitz ou prendre la pause dans la maison d’Anne Franck… c’est une idée…

« Bon, on s’casse, j’m’ennuie moi… y’a que des trous et des blocs, c’est bon, j’ai vu » éructe un petit con d’une dizaine d’années, qui reçoit en réponse le sourire attendri de son papa. Ben non mon gars…  Je t’explique – et si ton père peu comprendre que le message s’adresse à lui, c’est aussi bien. Quand on vient ici, on ne vient pas visiter un lieu touristique ou se distraire. On vient sur un lieu de pèlerinage historique. Des hommes se sont battus ici pour d’autres, ils sont venus mourir pour d’autres. T’es pas dans un parc d’attraction. T’as le droit – voire le devoir – de lire les panneaux et de respecter le site.

Lorsque j’ai croisé Oscar un peu plus tard à Omaha Beach, scrutant des yeux l’horizon, cherchant le lieu exact où il avait débarqué, revivant peut-être des sensations vieilles de 70 ans, j’ai vu un homme « normal » qui a pourtant contribué à faire l’histoire.
J’ai alors éprouvé de la honte quant au comportement des visiteurs de Lunapark… et encore plus en entendant certains de mes contemporains – et pas forcément des gamins – ne pas savoir à quoi correspond le jour férié d’hier.

Le cadeau du jour
Oscar était peut-être l’un d’eux

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10 réflexions au sujet de « Oscar »

  1. Des comportements pareils m’horripilent, là je suis intolérante avec ces gens là, la bêtise humaine…..une honte….
    On en revient au rôle des parents, et de la société….

    1. Des parents avant tout.
      C est pas simplement « pondre », c est éduquer (alors que l éducation nationale doit instruire. On disait d ailleurs avant « avoir de l’instruction »)
      Mais je crains que certains parents n ont pas les moyens de ca. Par contre la ponte…

  2. Bravo ! Je viens de me prendre les 6 volets d’Apocalypse et le tout dernier il y a deux jours. Inutile de te dire que le débarquement est frais dans ma mémoire. Merci de nous rappeler que des hommes sont morts pour nous. Plus glorieux que de mourir à Auschwitz où des hommes sont morts pour rien.

  3. je me souviens, jeune ado, on nous avait emmené à Verdun, dans les tranchées… sincèrement, ça ne m’intéressait pas. Je ne me rendais pas compte. Avec le replay, je me suis mangée tous les reportages possibles de france télé. Nous sommes aussi allés aux Invalides dans la foulée lors de notre récent voyage à Paris. Une demande de ma part. J’ai repensé à cette visite de Verdun… je la vivrai tellement différemment maintenant. Avec une conscience différente, une vision différente…

    1. Tu vois, c est « on  » qui aurait du préparer la visite. Je me rappelle ma visite d il y a 2 ans (lire « gare au gorille ») dans les chateaux de la Loire, avec un père jouant à cache cache dans la chambre noire d une Louise de loraine ou de savoie « endeuillée », je ne sais plus)

      1. le on, c’était l’école. Mais très sincèrement, avec moi il aurait fallu une sacrée préparation… j’étais loin, très loin de toute considération et intérêt pour toute cette histoire… pour l’histoire… Mes parents nous y avaient ramenées, avec un ami prof… et je me souviens avoir juste trouvé ça chiant. ça me dépassait. Heureusement, depuis, mon intérêt a nettement évolué.

  4. Il y a des Français à qui j’ai enseigné l’origine du 14 juillet, qu’ils prenaient pour un bal des pompiers…
    Rien qu’à repenser à l’histoire de ces hommes, cela me donne la chair de poule… l’horreur à l’état brut…
    Mais ils sont morts, pour que les autres puissent vivre, gloire et gratitude à eux.
    Merci de leur rendre hommage, je me souviens encore de ton billet sur les Poilus

Chic ! Un message :)

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