Et je pèse mes mots...

Dire « non ». Oui, mais…


La pensée du jour
Nous n’avons peut être que nos idées, que nos mots, mais ils dressent un idéal français.
Edwy Plenel

L’humeur du jour
Je suis en train de lire “DIRE NON” d’Edwy Plenel. J’étais attirée par le titre, qui me rappelait « celui qui a dit non » et la façon dont l’auteur a présenté l’ouvrage lors de ses passages nombreux dans les médias.

Si j’avais encore un doute, la dernière de couverture m’a convaincue « nous ne sommes pas condamnés à cette fatalité […] allons nous subir ou réagir ? Ne nous revient-il pas, sauf à accepter cette servitude volontaire des peuples qui ne souvient plus dire « non », de relever la France […] une république enfin à l’image de liberté étendue, d’égalité approfondie, de liberté retrouvée ?»

A un intervenant qui l’invitait se lancer en politique, Plenel répondit récemment que chacun d’entre nous pouvait le faire, que d’ailleurs nos actes étaient des actes politiques. Pourquoi lui plus qu’un autre? Mieux peut-être, à mon avis de par ses connaissances générales et approfondies, mais pas plus.
Et ça nous ramène à la notion d’engagement.
Aujourd’hui, le mot tendance, utilisé, galvaudé, usé jusqu’à la corde c’est « mobilisation ». Une sorte de fourre tout bien pratique au contenu opaque.

La notion d’être engagé, de s’investir reste malheureusement pour beaucoup réservée aux coups de martinets via les urnes.
Les deux dernière élections l’ont une fois de plus démontré.
On vote « contre », on « sanctionne » mais « on » ne propose rien d’alternatif, on se contente de punir en se rengorgeant d’avoir dégagé l’incompétent sans se demander vraiment qui on a mis à sa place – peu importe, « si ça va pas, il dégagera au prochain tour.
La grande majorité des citoyens ne semble savoir s’exprimer qu’ainsi.

Nous ne construisons pas, n’ambitionnons pas, nous « mesquinons » et contribuons à rendre médiocre ce qui pourrait être amélioré.
Quand je vois ou que j’écoute les plaintes des gens sur ce qui merde – transports, système hospitalier, écoles, compétences du pôle emploi, dégradation de l’offre de soin dans certaines villes – je n’entends que critiques et « mobilisations » ponctuelles car « que pouvons nous faire face à ce qui est nébuleusement décidé dans notre dos ? »

C’est d’ailleurs assez symptomatique de notre pays : se mobiliser contre mais pas savoir se rassembler « pour ».
Quel dommage !

Nous avons la chance d’être dans un pays où l’expression est libre. Utilisons ce droit
Même si ensemble c’est mieux, rien n’empêche un individu d’essayer seul de changer les choses.
Il faut de l’huile de coude, de l’opiniâtreté, de la bonne volonté et qui sait le petit coup de chance de rencontrer d’autres individus partageant ses valeurs.

Il faut savoir ce qu’on veut. Un pays qui ressemble à l’Épinal triptyque « Liberté Egalité Fraternité » ou un pays qu’on critique à tour de langue, avec la facilité de celui qui défait le monde dans son fauteuil parce que c’est tellement plus simple…
La facilité et la paresse auront-elles raisons de nos valeurs ?

Alors dire non, oui
Mais
proposer et s’engager à travers des actes citoyens qui ne seront jamais petits puisque justement citoyens.

Le cadeau du jour
Parce que le changement d’état d’esprit, pourquoi ça ne serait pas maintenant ?

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7 réflexions au sujet de « Dire « non ». Oui, mais… »

  1. et oui, maintenant les réactions sont toujours contre quelque chose !
    Dans mes jeunes années de militantisme j’agissais Pour faire avancer les situations, Pour une meilleure sécu, Pour de bonnes conditions de travail, Pour …. mais nous n’étions pas assez nombreux, alors les situations se sont dégradées, et maintenant on se bat Contre l’accentuation de ces dégradations …
    Mais, mes jeunes années c’était avant que les médias aient l’importance qu’ils ont.
    Ces médias qui font la politique et veulent dicter nos pensées.
    Malheureusement la plupart des gens cède à la facilité de croire ce qui est dit ou montré, sans chercher à savoir si c’est vrai, à approfondir un sujet, pensant ne pas en être capable, que c’est une affaire de spécialiste et tant d’autres « bonnes raisons » .
    Ces gens ne sont pas des citoyens ayant envie de faire vivre les beaux principes de notre République.
    L’individualisme est devenu un autre principe de vie, au mépris de ce qui se passe à coté de soi ou ailleurs dans le monde.
    Mais comme je suis une optimiste de nature, je rêve que dans un avenir proche tout le monde se mettra à penser, à agir, à s’interesser à sa vie, à son pays, à ce qu’il laisse à ses enfants comme héritage collectif.
    C’est facile, il suffit de le vouloir !

  2.  » Nous « mesquinons » » Ton néologisme décrit si bien cet état d’esprit.
    Englues dans les problèmes, nous nous résignons, croyant qu’il n’y a rien à faire. Pour le changement, il faut s’y coller, chacun à sa manière.
    Vive les moutons noirs !

  3. C’est marrant, cet engagement que tu décrit, chacun de nous faisant ce qu’il peut à son niveau, avec ses moyens et ses convictions, pour proposer des alternatives à l’existant afin de l’améliorer, c’est en fait une bonne partie de mon boulot. Rassembler les gens sur leurs sujets communs pour mieux les défendre.
    Une chose m’est apparue il y a quelques années: tout est à portée de main. être sur une liste de conseil municipal (sic) c’est accessible, être dans un conseil syndical ou dans une association active, avoir des contacts avec des gens « importants » qui vous écoutent, c’est accessible. Ce qui est flou, parce qu’on le connait mal, ne demande qu’à être mieux connu.
    Mais c’est du travail… il faut s’investir, y passer du temps, c’est astreignant. C’est le frein principal, en fait.
    Comme dit Pomme: « C’est facile, il suffit de le vouloir ! »
    (je suis d’accord, sauf que ce n’est pas si facile que cela de le vouloir…)
    😉

Chic ! Un message :)

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