Res Politicus

Res Politicus : campagne


La pensée du jour
Politicus : Civique, politique. Relatif au gouvernement de la ville

L’humeur du jour
Je découvre depuis quelques semaines une autre façon de vivre ma ville, en m’étant engagée dans la campagne des municipales.
J’ai beaucoup hésité lorsque le maire m’a demandé de rejoindre son équipe.

D’abord parce que mon métier me prend beaucoup d’énergie – même si ça en vaut le coup : je rentre le soir en me disant que quelque part, ici ou ailleurs, pour ne serait-ce qu’une personne nous avons pu faire « une différence».

Ensuite parce le Collectif d’usagers, et les transports qui vont avec, est également chronophage.

Enfin parce qu’à la suite d’une requête des voisins-riverains pour une meilleure gestion du flux de la circulation dans notre rue (bon sang, on est à plus de 250 véhicules par heure en heure de pointe !) nous avions dû faire face à des représailles de la part de mécontents, qui plutôt que d’attendre la fin d’une expérimentation avaient préféré klaxonner d’un bout à l’autre de la rue pour (je cite) signifier qu’elle est ouverte, que cela met un peu de «vie» ou autres formules du même acabit.
Bien sûr, nous avions identifié et rencontré certains de ces contrevenants. Entre ceux qui ont nié – mais les enfants à l’arrière « mais si papa, tu sais bien, tu as dit que c’était à cause des cons qui... », ceux qui ont admis un soi-disant commanditaire – je sais, ça fait très scénario de mauvaise série…
Moyennement sympa, vous en conviendrez…
Bref, cela m’a découragée, je l’avoue.
Une dernière réunion durant laquelle nous eûmes toutes les peines du monde à expliquer pourquoi le bruit et la vitesse avaient pourri notre qualité de vie m’avait poussée au « laisse tomber ».
Qu’on ne se méprenne pas ; je comprends qu’un détour de 300 mètres puisse déranger surtout à notre époque du « vite vite », mais n’y a-t-il pas d’autre moyen que de déposer des ordures en décomposition ou de boucher les serrures aux chewing-gum pour exprimer un mécontentement ?
L’argument décisif a été l’opportunité de permettre justement au Collectif de présenter état des lieux et propositions à la Communauté de Communes dont la ville fait partie, de permettre un travail plus efficace car bien documenté, né du terrain, de tous les retours, pour  TOUS les usagers.
Donner de la valeur à un engagement.
Alors j’ai accepté.
En bonne citoyenne, j’honorais même les jours de « il fait beau, j’ai pique-nique » mes rendez-vous aux un urnes, mais maintenant je vois aussi l’envers du décor.

Il y a des choses qui me plaisent : l’engagement des uns et des autres, toutes équipes confondues, que je vois marcher pour distribuer les tracts, placarder leurs affiches le sourire aux lèvres. Je découvre les réunions où chacun s’exprime et avance ses idées, l’organisation pour tenir les permanences aux bureaux de vote, l’écoute des doléances sur le terrain…
Il y a des choses qui me plaisent nettement moins : les conflits de personnes qui prennent le pas sur l’avenir de la commune, la déformation des paroles, de préférence décontextualisées, les tentatives d’intimidation… Pire, la divulgation avec gourmandise de choses supposées personnelles comme des adresses de domicile ou de blogs pseudonomysés dans le but de grappiller trois voix mais avec pour résultat un nivellement par le bas du débat.
Si je ne savais pas pour qui voter, du coup, je saurais immédiatement pour qui ne PAS voter : ceux qui prônent une politique d’ouverture et de dialogue mais ne l’appliquent pas,
ceux qui ne respectent rien,
ni la loi
ni l’avis
ni la vie des autres.

Alors quoi ? “Pour vivre heureux vivons muets » ?
Ja-mais.

Le cadeau du jour
La politique, c’est l’affaire de tous, mais c’est surtout la responsabilité de chacun.
Un peu de parler vrai ne nuira pas.
morris-the-cat

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6 réflexions au sujet de « Res Politicus : campagne »

  1. Vivre selon ses valeurs, respecter ça prend de l’énergie.
    maintenant, je suis sûr que tu comprends pourquoi beaucoup préfèrent « laisser tomber », faire le dos rond et petit à petit on dégrade nos conditions de vie en société.
    tu devrais lire le « non » de Plenel
    de plus, parfois il suffit d’une ou deux ou trois personnes pour insuffler une énergie différente. au boulot !
    quant aux autres, et bien si c’est OK Corral, laisse la police ou la gendarmerie gérer et tes voisins monter au créneau aussi.
    l’union fait la force

    je connais la tentation de lâcher l’affaire, mais si cela ne te rends pas « en phase », privilégie le rester toi »
    même si du coup c’est moins léger

    pour les cons qui klaxonnent, tu peux porter plainte je crois
    c’est interdit de faire ça

  2. Cela me dit penser a une image: « rester debout malgré tout « ,malgré la bassesse et la médiocrité et faire ce qui est juste, bien et honorable.

      1. Heureuse que te sois engagée pour ce qui devrait être normal… Tiens bon.
        J’adore le coup des enfants : « mais si papa, tu sais bien, tu as dit que c’était à cause des cons qui… » On devrait les écouter plus souvent 😀

Chic ! Un message :)

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