Billet allégé.

Le grand écart


La pensée du jour
Sexcuse : motif que l’on invoque pour se dérober à une invitation érotique trop pressante.
Alain Finkielkraut

L’humeur du jour
Par une de ces coïncidences ironiques dont la vie a le secret, la splendide et sulfureuse Sylvia Kristel, éternelle Emmanuelle des années 70 s’éteint au moment où sort en France le mommy-porn (le porno de la ménagère) « 50 nuances de Grey ».
Érotisme 70ies contre porno aseptisé commercial actuel…


Ce bouquin, j’en entends parler depuis sa sortie, grâce à mes amies (mommy) américaines. J’ai bien tenté de le lire en anglais, j’ai pas pu aller bien loin.
Insultant de l’estampiller « maman » si on considère qu’une maman a forcément forniqué pour tomber enceinte et ne peut pas frétiller avec un texte aussi gnagnan.
Parce que c’est niais, mais c’est niais…
Au point où je pensais vraiment qu’on allait échapper au matraquage commercial ici!
Et que je te mordille (hop, référence Twighlight), et que je te tapouille le popotin avec ma cravache (Harry Potter ou Histoire d’O ?), et que je t’attache, et que je te file ma CB – l’esprit Pretty Woman jamais bien loin, et que j’ose un mot cru ici ou là …

Visiblement, la femme moderne ne peut pas juste « aimer le cul »,
il faut le justifier avec une histoire d’amûr avec un beau mâle blindé – Quasimodo pointant au Pôle emploi, ça serait tout de suite plus glauque avec la même pratique,
il faut l’inévitable effet pygmalion et découverte, la femme est forcément une oie avant de devenir une poule,
il faut « assumer aimer le cul » et en faire un truc de nanas qui gloussent en buvant des Cosmopolitains et en échangeant les adresses de vibros et de chaussures dans la même phrase.
Ou bien virer bien cru à la Angot ou Millet.
Alors, à part ces options stéréotypées : Gobi ?

Non, entre le deux, on nous vante « 50 nuances ».

et pourtant, 5 raisons pour lesquelles je ne l’achèterai pas.
– C’est très mal écrit en anglais. Et les extraits lus en français à la télé (au JT !!) m’ont affligée.
Je ne peux même pas prétexter la curiosité littéraire;

– Quand je lis des commentaires de lectrices évoquer d’une histoire d’amour limite Harlequin Fleur bleue – un mec qui te dit comment t’habiller et « lave toi le cul, sois prête et épilée, je sors ma cravache et j’arrive », je me dis que le Scout Toujours au doigt et à l’oeil, ça ne sera jamais (pour) moi.
Et je m’inquiète pour la conception de l’amour des suce-citées coquin lectrices.
Encore une preuve des ravages des contes de fées…

– Le matraquage publicitaire a tendance à me faire fuir, quel qu’en soit l’objet.

– J’aime pas le concept « porno pour ».
C’est quoi après ? « pour divorcé » « pour handicapé » « pour grands-mères » ? Je vois bien le truc de la mamie qui jouit mais papy n’entend rien sans son sonotone… je ne vous parle même pas de la scène des dentiers qui s’accouplent en autonome dans le verre à dents…
Allons, du porno, c’est du porno ?

– Puis le porno, c’est pas ma came. L’érotisme, par contre…

Le cadeau du jour
Fauteuil à haut pouvoir érotisant depuis 1974,
et… pour toutes les chattes.

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8 réflexions au sujet de « Le grand écart »

  1. Comme d’habitude au courant de rien ! Heureusement, il y a ton blog, Pooky.
    Ce n’est pas une sinistre plaisanterie ?
    Du porno, pour les ménagères ????
    Bon, le monde est vraiment devenu fou….
    Tu me sauves par ton humour inégalable, Pooky
    Vive les chattes (au propre)

    1. c’est du vrai
      en gros, quand t’es mariée, casée, sage, t’as le doit de frétiller en pensant à un truc SM MAIS faut la fin morale à la clé et le mec doit être beau
      avec la trombine de DSQ, ça le ferait pas… en gros, il est riche et moche, donc c’est crade
      mais si t’es beau, c’est excitant et admis.
      et vendeur.
      allez, fouette cocher!!

  2. Le battage médiatique, çà ne m’excite pas.
    Le SM, çà ne m’excite pas.
    La pauvre petite étudiante vierge initiée par le milliardaire sexy dominateur…sans commentaire. On dirait du Paolo Coelho!
    On va encore faire croire aux femmes qu’elle doivent attendre un prince soi-disant expérimenté pour découvrir le plaisir (et évidemment il ne faut pas que cela se fasse sans une forme de souffrance et de soumission). Femmes, prenez vous en main (si j’ose dire) !
    Il faut mieux relire Anaïs Nin, c’est superbement écrit et bien plus excitant.

Chic ! Un message :)

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